LVEV - Le Blog de la Vie en Vert

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Autres articles de consommation


Viande de cheval & autres Lasagnes : l'analyse de LVEV

 

Il fallait bien attendre un peu d'y voir un poil plus clair avant de s'exprimer sur le sujet. Le "scandale" de la viande de cheval dans les lasagnes et autres plats préparés, qui a occupé la presse pendant tous ces jours, et donné lieu à de nombreuses blagues sur les réseaux sociaux, est à la fois un faux scandale et pose en même temps de vraies questions.

 

Pourquoi un faux scandale ?

 

Tout simplement parce que les plats préparés n'ont jamais été "préparés", justement, avec des morceaux nobles, et correspondent, tout simplement, à une "valorisation" maximale de la carcasse des animaux d'abattoirs, et qu'il ne s'agit finalement que d'une tromperie sur la marchandise ; lesdits plats préparés auraient-ils inclus dans leur composition "viande de cheval", que les consommateurs, dans leur immense majorité (à part, bien sûr, les lecteurs de La Vie En Vert ), auraient acheté les mêmes plats sans se poser le moins du monde de question.

 

Il s’avèrerait que c'est une simple fraude, comme il peut en arriver à tous les niveaux, la justice est en cours, et tous ceux qui ont crié haro sur la mondialisation se retrouvent le bec dans l'eau...achetez un savon au lait d'ânesse bio sur un marché de pays, rien ne dit le moins du monde que le producteur, si c'est vraiment le producteur, n'a pas trois vaches au fond de son jardin pour augmenter sa production de "lait d'ânesse"...c'est valable pour tous les produits. Certes, augmenter les intermédiaires, c'est aussi augmenter les chances qu'une personne peu scrupuleuse se glisse dans les rangs de ceux-ci, mais même sans intermédiaire, il suffit d'une seule personne peu scrupuleuse...bref.

 

Ceci étant, ce "scandale" permet d'ouvrir le débat sur un bon tas d'autres sujets reliés à la production des plats en question.

 

Tout d'abord, les plats préparés. Les plats préparés sont un peu comme les contrefaçons de la cuisine. Quand on achète un sac Vuitton à 15 euros, même si on se voile un peu la face, on sait en général à quoi s'en tenir...La lasagne à quelques dizaines de centimes d'euros, voire même à un ou deux euros, il est facile de se douter que la composition n'est pas des meilleures. Outre le fameux "minerai", restes de viande les plus inconsommables tels quels, on y trouve en général les produits les moins gouteux et paf, un peu de graisse en plus pour donner du goût, ainsi qu'un taux de sel faramineux pour "exhausser" les saveurs.

Bref, le fumier coûte plus cher et pas la peine de se demander pourquoi...les bienfaits des plats préparés pour la santé du consommateur se mesurent aisément sur une échelle négative...mais chacun est libre de consommer ce qu'il veut, c'est bien pratique quelquefois, et pas cher, ça c'est sûr. Le vrai scandale réside dans les âmes outragées, qui, découvrant au détour de la médiatisation la production de ces produits, font taire la petite voix qui leur mumurait "qu'est-ce que tu croyais avoir pour 65 cents, ça paye même pas la tomate..." et hurlent à la malbouffe, découvrant avec stupéfaction que les fast-food sont bien plus sain que ce qu'ils mangent chaque jour.

 

Ensuite la viande de cheval...Là encore, oui, on peut s'indigner de la tromperie sur la marchandise, c'est tout à fait légitime. Mais dans ce pays de cavaliers qu'est la France, l'hypocrisie suprême est celle de nombreuses personnes qui, vilipendant la consommation de viande de cheval, compagnon de leur loisir, au moment de "mettre au clou" ce compagnon tant apprécié...le revendent. Soit, avec un peu de réalisme, à l'abattoir directement. Soit, avec le même aveuglement que celui précité pour les contrefaçons, à un maquignon quelconque, dont le travail est de regrouper et mettre en règle un maximum de chevaux de manèges et de particuliers, plusieurs centaines par mois, voire par semaine, ne nous leurrons pas, et de les mener lui-même à l'abattoir.

 

C'est bien sûr la question de la retraite des chevaux dont nous parlons ici. L'immense majorité des chevaux de ce pays est du cheval de monte ; et l'immense majorité des chevaux de ce pays finissent à l'abattoir. Si l'auteur de ces lignes ne voit aucun inconvénient à décrier la consommation de cheval (viande pourtant reconnue pour ses qualités bénéfiques au consommateur), s'il est du droit de tout un chacun de militer pour la suppression de la viande d’un fidèle compagnon de l'humanité - les cultures naissent et changent - il faut absolument dénoncer l'hypocrisie de ceux qui pleurent des larmes de crocodile sur un steack de cheval, tout en envoyant le même fidèle compagnon à l'abattoir.

 

Il n'y a rien de choquant pour un omnivore à élever un animal pour sa viande, ce qui est choquant, c'est d'en faire un familier et de le renvoyer hypocritement vers la consommation dès que le familier en question est trop âgé - ou trop abimé par son utilisation - pour rendre le service initial.


25/02/2013
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Antibiotiques et Elevage : le Ministre de l'Agriculture va-t-il en révolutionner l'utilisation ?

Le 14 Novembre dernier, lors du colloque sur l'antibiorésistance, le nouveau Ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a affiché une volonté claire de révolutionner l'utilisation des antibiotiques en élevage.

 

Photo Wikipedia

 

Pour bien comprendre son discours, il faut avoir connaissance de la situation actuelle. Au jour d'aujourd'hui, la délivrance d'un médicament (et non pas d'un supplément vitaminique ou autre) est un acte important. Pour l'élevage en particulier, il nécessite l'établissement préalable d'un diagnostique vétérinaire, c'est-à-dire que le vétérinaire passe dans l'élevage, examine le problème, établit une prescription, et ensuite le médicament est délivré à l'éleveur par les ayants droits, autrement dit un vétérinaire ou un pharmacien ( ET NON PAS un assistant ou une secrétaire de tout poil).

 

Or, la situation réelle, c'est que dans la médecine vétérinaire des années 70-80-90....et 2000, l'on pouvait voir des éleveurs se présenter à un cabinet vétérinaire ou à une officine, demander (quelquefois même sans ordonnance) tel ou tel médicament, et en particulier des antibiotiques, et repartir à la maison sans avoir vu le moindre vétérinaire et sans que qui que ce soit ait vu la moindre bête malade.

 

Résultat : des milliers de tonnes d'antibiotiques furent utilisés à plus ou moins bon escient, quelquefois avec le syndrôme du ça-marche-pas-j'en-essaie-un autre, etc...

 

Dans les années 2000, les autorités ont décidé à raison de resserrer un poil les boulons et d'interdire ces pratiques, mais en décidant de mettre en place un Bilan Sanitaire d'Elevage effectué annuellement par le vétérinaire, qui déboule sur un Protocole de Soins, qui permet finalement à l'éleveur, pour les pathologies listées comme importantes dans l'élevage, de venir chercher son médicament plus ou moins comme précédemment. Mais au moins un vétérinaire était au courant que l'éleveur allait avoir besoin de ce médicament, et normalement il y avait rédaction d'ordonnance par ce même vétérinaire qui donc était présent lors de la délivrance, ou cautionnait cette dite délivrance en pharmacie.

 

Ah, et n'oublions pas que parmi les fameux ayants droits de la délivrance, se trouvaient également les groupements d'éleveurs, qui, par ce biais, négociaient en gros des prix que leur brave vétérinaire ou pharmacien de campagne ne pouvait point obtenir, si même il le voulait. (Comment ça, des non-vétérinaires et non-pharmaciens qui achètent et vendent des médicaments ? Ouuuui, c'est vrai, j'ai oublié de vous dire que oui, ces fameux groupements ont le droit sur certains médicaments présents sur une liste positive de médicaments qu'ils peuvent acheter et délivrer eux-mêmes, du moment qu'ils ont un brave salarié quelque part en France avec un diplôme de vétérinaire. Oui, même s'il n'examine pas les animaux. Parfaitement.).

 

Autre point-clef à connaître : il existe un certain nombre d'aliments médicamenteux, c'est-à-dire d'aliments pour le bétail qui intègrent déjà dans leur préparation, dans le cas qui nous occupe, un antibiotique. On peut les utiliser pour soigner une maladie spécifique, mais en fait leur utilisation est en général préventive, c'est-à-dire que chez un engraisseur, paf, il y a un lot de taurillons ou de poulets ou de porcs qui arrivent, ont leur donne tel aliment, puis/et/ou tel autre, quelquefois sans grande utilité, mais on le fait quand même car les animaux qui n'en ont pas, tombent malades, ou même s'ils ne sont pas malades, ils sont un peu moins costauds.

 

Revenons au problème des antibiotiques. Le problème est que, globalement, on utilise tellement d'antibiotiques qu'assez fréquemment (même si la fréquence en est discutée) des personnes malades se voit diagnostiquer une maladie due à une bactérie toute bête - tout bête oui, sauf que cette maladie est résistante à tout, même aux antibiotiques les plus récents et efficaces que l'on ait découvert. Si on a de la chance elle est sensible quand même aux très vieux antibiotiques que plus personne n'utilise, mais il faut avoir de la chance.

 

Résultat : un certain nombre d'antibiotiques, appelés antibiotiques critiques en médecine vétérinaire, par trop utilisés, ne devraient en toute logique être réservé qu'aux cas les plus graves, et sont en fait utilisés au moindre bobo, car - eh bien, car ils fonctionnent bien tout simplement (ajoutons pour la petite histoire qu'un bon nombre d'antibiotiques hospitaliers extrêmement efficaces, sont interdits en médecine vétérinaire et n'existent donc pas en forme adaptée à l'élevage ; et que d'autre part la part de responsabilité de l'utilisation des antibiotiques en médecine vétérinaire dans l'apparition de bactéries multirésistantes est très contestée car jamais établie ou étudiée).

 

Donc, maintenant que nous avons les clefs de compréhension en main, voyons voir ce qu'a dit le Ministre : en deux points, pour ce qui nous intéresse vraiment.

 

  1. Retirer de la liste positive les antibiotiques critiques : excellente initiative ; un esprit malin pourrait dire qu'il serait également utile de retirer tous les autres antibiotiques, voire tous les médicaments, mais c'est un début.
  2. Mettre un terme à l'utilisation des aliments médicamenteux : on ne dira jamais assez à quel point cette proposition, si elle est suivi d'effet, sera bénéfique sur l'alimentation et sur les résistances bactériennes. En effet 55% des antibiotiques utilisés dans le bétail se présentent sous cette forme.

Ce pourrait donc être une véritable révolution que propose le ministre, et c'est la première fois que la volonté politique est d'aller dans ce sens. Voyons si tout ça va se concrétiser.


09/01/2013
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Abattages rituels : l'halal c'est l'hallali ?

Il fallait bien qu'un sujet tel que le bien-être animal soit présent, voire utilisé, dans la campagne présidentielle, pour que LVEV sorte une analyse de derrière les fagots. Parce que, soyons francs, les sujets à la mode sont...à la mode.

Ainsi, le fameux article "Assiettes tous risques et Elise Lucet", malgré une remise à zéros périodique des compteurs, trône perpétuellement dans le TOP 10 des articles les plus lus, au détriment de mes paisibles articles de potager champêtre mal entretenu, ou bien de mes quasi-mais-pas-tout-à-fait fabuleuses photos de grues cendrées...

Or, sur le sujet du halal, il y a des choses à dire, effectivement. Tout d'abord, pour ceux qui n'auraient pas suivi toute la polémique, il faut rappeler les faits : les "abattages rituels" (c'est-à-dire les viandes halal et casher) impliquent entre autres rites (avoir la tête tournée vers la Mecque, prières, etc...) que l'animal ne soit pas étourdi avant d'être abattu par saignée.

Il faut bien comprendre que le terme d' "étourdissement" recouvre une réalité très importante dans ce cas : un animal est étourdi lorsqu'il a perdu conscience. Donc, dans les chaînes d'abattage "traditionnelles" ou "areligieuses", l'animal perd conscience (suite, selon les cas, à un coup de pistolet à balle captive dans le crâne, à une électrocution, un gazage), puis ensuite il est saigné ce qui est la véritable mise à mort.

Certains diront : oui, mais lors de saignée la perte de sang est brutale et rapide, le cerveau est donc rapidement inconscient de ce qui se passe. Que nenni, chez les bovins le réseau sanguin est tel que l'artère vertébrale peut prendre le relais pour amener le sang au cerveau si les carotides sont sectionnées. En clair : en sectionnant les carotides chez les bovins, il faut encore une centaine de secondes (plus d'une minute et demie) pour que le cerveau ne soit plus irrigué. Autrement dit, l'animal a parfaitement conscience de se vider de son sang, de partir sur la chaîne d'abattage, voire de sentir ce qui se passe aux premiers postes, alors qu'il devrait déjà être en mort cérébrale. Je précise que par exemple cette centaine de secondes a été mesurée chez des veaux.

Ce qui entraîne plusieurs remarques : premièrement, oui, les abattages rituels ne sont pas acceptables tels quels dans un monde où l'on se soucie une peu du bien être animal. Après, faut-il pour autant interdire aux croyants, de quelque religion que ce soit, de manger selon leur foi ? Nous y reviendrons.

Deuxièmement, oui, c'est un véritable scandale que la moitié des bêtes abattues dans des abattoirs soient abattues rituellement quand seulement 4% de cette viande va vraiment dans des circuits halal. Non pas que cela me dérange de manger (même sans le savoir) une viande abattue selon un rite queconque ou bénie par un bocor vaudou. Mais parce que dans le cas de ces rites, l'abattage est inadéquat selon ma conviction que les animaux abattus doivent souffrir le moins possible. Or, la seule raison qui fait que de nombreux abattoirs font autant de viande "rituelle" est tout simplement que l'étourdissement n'est pas à faire. Cela économise un poste, c'est moins coûteux. Là est le noeud du scandale.

Existe-t-il des solutions ? Depuis quelques jours, on entend ainsi déblatérer associations de défense du bien-être animal (souvent d'ailleurs les mêmes qui prônent le végétarisme pour tous - tiens une idée d'article, le végétarisme) en alternance avec politiques em...embarassés de devoir choisir entre ceux qui ont un respect profond de l'animal et ceux qui ont une foi suffisamment ancrée pour réclamer qu'on les laisse abattre leurs viandes ainsi qu'il est prescrit par leur religion. Apparemment, rien n'est possible à leurs yeux pour réconcilier les premiers (et on les comprend) et les seconds (et, bien que l'auteur de ces lignes soit un agnostique convaincue, on les comprend aussi).

Etonnament, les seuls qui ne sont pas interviewés sont les vétérinaires...qui non seulement travaillent en abattoirs, mais en plus sont les seuls scientifiques réellement à même de juger du bien-être animal, que ce soit en élevage ou à l'abattoir.

Pourtant, ils ont bien tenté de la faire entendre, leur voix. Le communiqué de leur syndicat date du 21 Février, j'en cite un passage intéressant : "Le SNVEL demande donc que des mesures soient prises pour une généralisation de l’étourdissement post-jugulation des animaux lors de l’abattage rituel afin de leur éviter des souffrances inacceptables."

Tiens donc, serait-ce la solution ? :)


06/03/2012
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Assiette tous risques, pièces à conviction et Elise Lucet : l'analyse de LVEV

Bonjour à tous,

la semaine dernière est passée sur France 3 l'émission Pièces à Convictions, titrée "assiette tous risques". Je l'ai malheureusement manquée sur le coup, mais après sollicitation de mes millions de fans, je suis passée la voir sur ce site : http://programmes.france3.fr/pieces-a-conviction/ . Edifiant, bien sûr. Evidemment, le blog de La Vie En Vert a son mot à dire sur la question, et vous livre donc ici son analyse.

Lorsque j'ai pris quelques notes pour commenter l'émission, il m'est apparu que la première chose qui nous vienne à l'esprit face à ce genre de reportage, ce sont des critiques. Je vais donc vous livrer mes pensées telles qu'elles me sont venues, mais je suis loin de n'avoir que des critiques à formuler vis-à-vis de cette émission, qui va, dans son immense majorité dans le même sens que lvev.

Cette émission se divise en plusieurs parties :

I. Saumon norvégien & diflubénuron

L'ouverture de l'émission est consacrée à un problème dont j'avais déjà parlé ici : http://lvev.blog4ever.com/blog/lire-article-292256-1172131-premier_article___solution_d_un_probleme_conso_per.html ; c'est-à-dire le problème des poissons d'élevage. Le diflubénuron mis en cause dans ce reportage est un inhibiteur de la synthèse de chitine, c'est-à-dire qu'il empêche les insectes (et accessoirement certaines mycoses) de se développer. Pour mémoire c'est un cousin du PROGRAM utilisé pour le contrôle des puces chez les chiens et les chats. Même si c'est vrai qu'on a peu de données sur le diflubénuron en lui-même, on connaît déjà quelques caractéristiques communes de ces antiparasitaires (les Benzoylurées) :

1) Ils se stockent dans la graisse

2) Ils sont très bien tolérés chez les mammifères, même à des doses extrêmement fortes.

Ceci a pour conséquence, tout d'abord que le saumon doit en toute logique en stocker une bonne quantité, mais qu'il n'y a plus que probablement aucun effet toxique sur le consommateur.

Or le reportage est résolument axé sur « c'est un produit interdit en Union Européenne, mon dieu mais que fait-il dans notre assiette ? ».

Mauvais angle, selon nous. Pour lvev, la problématique est double, et même si elle est brièvement abordée dans le sujet, comme je l'ai dit, l'angle est plus concentré sur l'aspect qu'un produit interdit en UE est forcément mauvais.

Ce reportage pose la question de l'effet des médicaments/pesticides en général sur notre organisme.

J'ai dit plus haut qu'il n'y avait plus que probablement aucun effet toxique. Mais toxique ne veut pas dire cancérigène. Les benzoylurées dont j'ai pu retrouver la trace ne mettent pas en évidence d'effets cancérigènes chez les animaux de laboratoire. Très bien. Mais autant une expérimentation permet de mettre en évidence l'absence d'effet toxique, autant l'effet cancérigène sur le long terme est une autre paire de manches à évaluer.

L'avis de lvev est que moins on retrouve de pesticides dans notre nourriture, moins on aura de cancers par la suite…

Que deviennent les pesticides utilisés ?

Bonne question. L'association écologiste en parle assez brièvement : des inhibiteurs de synthèse de chitine relargués dans l'eau des rivières sont une catastrophe écologique majeure…la chitine est un composant essentiel de la carapace des crustacés, de l'exosquelette des insectes, vers et autres parois de champignons. Toutes ces formes de vie ne peuvent donc plus exister en aval de ces fermes d'élevage.

Plus qu'une honte législative et un vilain produit pour notre assiette, on parle donc là d'une part du fait que tous les pesticides peuvent être néfaste à notre santé, mais aussi des catastrophes écologiques majeures créées par les produits utilisés en fermes d'élevage : pesticides, hormones, antibiotiques…de nombreux produits autorisés par l'UE et dont l'utilisation est plus que fréquente en pisciculture et en aquaculture en général…aujourd'hui, trouver en France du bœuf aux hormones est exceptionnel, du poisson d'élevage aux hormones est la norme.

II. Poissons français & PCB

Vient ensuite le sujet sur les PCB en Manche (et en rivière). Que dire ? Les PCB ont été rejetés massivement par l'industrie, le sont parfois toujours. Qu'on interdise la pêche de certaines espèces est plutôt une bonne chose dans cette optique, sachant que les prochaines générations de poissons sont de toutes façons déjà contaminées…La seule chose à faire reste d'interdire la pêche des poissons contaminés, et surtout de contrôler au maximum les industries responsables de cette pollution.

III. Fraises espagnoles et bromure de méthyle

Là encore, je trouve que l'accent du reportage est un poil trop orienté « encore un produit interdit qui se retrouve dans notre assiette ». Or, qu'en est-il vraiment ? Le bromure de méthyle a été interdit d'abord pour son effet sur la couche d'ozone, et ensuite pour garantir la sécurité des travailleurs qui l'utilisaient. Par ingestion, c'est un peu plus inquiétant que pour le diflubenuron, puisque les fiches de sécurité, notamment de l'UE, indiquent qu'une ingestion prolongée peut être toxique sur divers organes, mais apparemment à des doses extrêmement élevées…

Encore une fois, c'est surtout l'effet écologique et les possibles effets cancérigènes qui me préoccupent…sans compter que le reportage montre bien que l'industrie d'importation soi-disant contrôlée l'est de manière quasi inexistante.

IV. Les cochons grandissent aux antibiotiques

J'en parlerai plus bas…

V. Le Mot du Ministre

Vient ensuite notre ministre de l'Agriculture et de la Pêche. Simplement deux choses à en dire…Premièrement, Monsieur Lemaire n'a rien dit d'intéressant. Pas une seule action concrète annoncée. Juste une indignation de bon aloi, et la vague promesse que tout irait mieux.

Deuxièmement, après un bon premier mouvement, il n'a pas eu vraiment le courage d'aller jusqu'au bout de son geste, et se servir dans l'assiette que notre chère Elise lui a présentée…Pourtant, si le reportage a démontré la présence de pesticides, PCB, antibios, etc…, pourquoi se priver ? Ce n'est pas parce qu'il y a des petites étiquettes dessus que c'est plus toxique que ce qu'on mange d'habitude…

Prendre une denrée dans cette assiette aurait pu montrer que oui, ces produits étaient contaminés par divers produits, mais qu'ils étaient mangeables, et pas forcément mauvais pour autant ; oui, il faut améliorer les choses ; oui, certaines pratiques sont inacceptables ; mais non ce n'est pas une raison pour jeter à la poubelle tout ce qu'on peut trouver sur les étals…Ceux qui se disent qu'il a eu raison de ne pas y toucher doivent être ceux qui ne mangent QUE bio (et encore, même eux…).

VI. Antibiotiques & Bactéries résistantes

Avant-dernier sujet scabreux de cette émission…et non des moindres, puisqu'il présente le véritable scandale de l'émission. En fait, il s'agit de deux problèmes différents, mais liés aux mêmes pratiques.

On ne devrait pas pouvoir retrouver d'antibiotiques dans la viande ou ses produits dérivés.

Il faut savoir que chaque antibiotique possède ce qu'on appelle un délai d'attente, au bout duquel il est suffisamment éliminé de l'animal pour que l'antibio ne puisse se retrouver à l'abattoir. Par exemple, quand un produit affiche 12 jours de délai d'attente, et qu'on abat la bête au 13ème jour, on ne retrouve rien. L'histoire de l'éleveurs de chiens et de ses animaux à tétracyclines est une honte totale. Bien sûr, élever ses chiens à la carcasse de poulet est un non-sens nutritionnel total. Bien sûr, on peut peut-être arguer que l'abattoir lui refile les carcasses qu'il sait impropre à la consommation humaine. Il n'en reste pas moins qu'on ne devrait JAMAIS retrouver ce genre de produit dans une carcasse d'abattoir. Dans ce cas là, la faute est double, et patente :

1) Mauvaise prescription du vétérinaire ou utilisation hors prescription par l'éleveur

2) Défaut de contrôle complet de l'abattoir.

Il est totalement scandaleux que l'on puisse, comme on le voit dans le reportage, aller chercher des antibiotiques chez le vétérinaire comme au supermarché…Mis à part dans le cadre du Protocole de soins rédigé avec le vétérinaire et où l'éleveur et le vétérinaire définissent ensemble certains besoins, tout médicament doit faire l'objet d'une prescription personnalisée. Que l'éleveur, en toute connaissance de cause, aille chercher des médicaments comme ça, et que le vétérinaire autorise cette délivrance au comptoir sont deux attentats à la santé publique.

L'utilisation abusive des antibiotiques comme promoteurs de croissance.

Ce deuxième cas est, attention, totalement différent mais pas moins scandaleux. Il s'agit là d'éleveurs qui utilisent des antibiotiques en respectant une prescription et des délais d'attente. Il y a dans ce cas-là une prescription abusive, que ce soit par le vétérinaire de coopérative d'élevage ou par le vétérinaire de l'exploitation, et une utilisation abusive, quelquefois inconsciente d'ailleurs, de l'éleveur.

Sans avoir à jeter l'opprobre sur les vétérinaires ou les éleveurs, nous savons tous que dans toutes les professions il y a des malhonnêtes, et dans ces cas-là il s'agit bien de malhonnêteté ; et de malhonnêteté criminelle, d'ailleurs le représentant de l'Ordre des Vétérinaires ne défend pas ces gens, comme pourraient le faire certains représentants de filières économiques qui prétextent d'être pris à la gorge pour justifier des actes préjudiciables à la santé publique.

Sur le fait des résistances aux antibiotiques, il faut être clair : si ce genre de pratique participe évidemment à l'acquisition de résistance, le reportage est ostensivement catastrophiste, alors que la première cause d'acquisition de résistance se fait lors de l'utilisation généralisée et abusive des antibios chez les humains. D'ailleurs la campagne « les antibiotiques c'est pas automatique » est une première forme de réponse à ce problème (il faut noter que les résistances les plus graves se font à la méthicilline, antibiotique qui n'est pas utilisé en médecine animale).

Même si la situation des résistances dues aux médicaments vétérinaires est loin d'être aussi catastrophique que le reportage le laisse paraître, si il faut se garder de généraliser sur ce que tous pratiquent au quotidien, et si les pratiques en productions animales sont un bouc émissaire un peu trop facile dans ce genre de situation, il n'en reste pas moins que vétérinaires, éleveurs et abattoirs ont d'une manière générale des progrès à faire…

VII. Manger bio ou pestiféré ?

La petite expérience de fin d'émission fut amusante, mais sans conclusion vraiment surprenante : avec le bio on rejette moins de résidus dans nos urines. Ô surprise. On mange moins gras. Ô étonnant. On se sent mieux . Peut-être bien ; comme le dit d'ailleurs très justement le journaliste, c'est peut-être l'effet placebo, mais en tous cas moi j'en retiendrais qu'on ne se sent pas plus mal.

Le moment est en fait venu de se demander pourquoi ; pourquoi les pesticides ; pourquoi les résidus de médicaments (pour les PCB, au moins, on sait que c'est une pollution indépendante de la volonté des filières de production). La réponse facile c'est l'argent : oui, ça produit mieux.

Mais il faut voir un petit peu plus loin que ça : les poux du saumon ne prolifèrent pas de la même manière sur des saumons en liberté, les diarrhées de porcs apparaissent beaucoup moins sur les porcs plein air, les poulets ont moins de problèmes respiratoires quand ils sont 1000 à l'hectare que 1000 sur 6 mètres sur 6.

TOUS CES PROBLEMES CONTRE LESQUELS ON LUTTE A GRAND RENFORT DE PRODUIT CHIMIQUES ET PHARMACEUTIQUES PEUVENT ÊTRE EVITES QUAND LA DENSITE DE LOGEMENT EST MOINDRE.

En effet, la densité influe directement sur la vitesse et la puissance de propagation des maladies. La véritable solution à tous ces problèmes n'est pas d'interdire ces produits et de s'en laver les mains, c'est de produire de manière à ne plus avoir besoin d'eux : porcs et poulets plein air, veaux sous la mère, etc…car manger bio, c'est bien, mais tant qu'il y aura un élevage de saumon aux pesticides en amont de votre élevage bio, vous mangerez des pesticides.

Le véritable responsable de tout ça, c'est le consommateur qui va au plus pratique, au moins cher, qui demande toujours et toujours plus. Le bio n'est pas obligatoire, mais le plei air, un élevage respectueux des animaux et des consommateurs, oui.

Les journalistes, les responsables politiques et les associations écologistes ne peuvent rien faire si les consommateurs que nous sommes demandent encore des poulets en batterie…


10/07/2010
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Gibier d'Afrique

Bonjour à tous,

pour me faire pardonner mon manque de visites en Brenne et donc de photos, voici un petit article conso. J'espère donc que cet article ne concerne aucune situation que vous connaissez ou pourrez connaître un jour.

A la lecture donc, d'un article tout-à-fait sérieux sur Perrine et son association, dont le site web est ici, en faveur de la sauvegarde des grands singes, j'ai donc appris que dans des restaurants de grandes villes occidentales, Paris, New York ou autres, on sert sous l'appellation "Gibier d'Afrique" ou autre machin "de savanes" de la viande de singes, antilopes, éléphants, et autres viandes illégales, et bien entendu braconnées.

Or une des principales menaces qui pèsent sur ces espèces en danger est la pratique dite de la "viande de brousse", un braconnage intensif, aux pratiques douteuses et souvent cruelles.

Donc.......


22/09/2009
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